La taxe d’habitation a-t-elle vraiment disparu ? Depuis le 1er janvier 2023, les occupants d’une résidence principale ne paient plus cet impôt. Pourtant, chaque automne, de nombreux propriétaires continuent de recevoir un avis de taxe d’habitation. Certains découvrent même qu’ils doivent la payer alors que leur logement n’est occupé que quelques semaines par an.
Cette situation s’explique par une distinction essentielle : la taxe d’habitation a été supprimée sur les résidences principales, mais elle reste applicable aux résidences secondaires.
Un appartement de vacances, une maison de famille ou un logement meublé conservé pour un usage personnel peut donc encore être imposé. Et contrairement à la taxe foncière, ce n’est pas systématiquement le propriétaire qui doit payer : un locataire peut également être concerné.
Pour les propriétaires des Pays de Savoie, cette question revêt une importance particulière. Les appartements de montagne, les résidences secondaires autour du lac du Bourget ou du lac d’Annecy, les logements étudiants et les locations saisonnières présentent des situations très différentes.
À cela s’ajoutent les taxes sur les logements vacants et les majorations que certaines communes peuvent appliquer aux résidences secondaires.
Alors, qui paie réellement la taxe d’habitation en 2026 ? Comment est-elle calculée ? Et dans quels cas peut-on en être exonéré ?
La taxe d’habitation a-t-elle été supprimée pour tous les Français ?
Non. Sa suppression concerne les résidences principales.
La réforme a été mise en œuvre progressivement, avant d’aboutir à une suppression totale de la taxe d’habitation sur les résidences principales au 1er janvier 2023.
Depuis cette date, une personne qui occupe un logement comme résidence principale ne paie plus de taxe d’habitation sur ce logement, qu’elle soit propriétaire ou locataire.
En revanche, la taxe d’habitation sur les résidences secondaires, souvent désignée par le sigle THRS, a été maintenue.
Elle concerne les logements meublés qui ne constituent pas la résidence principale de leur occupant et dont une personne dispose pour son usage personnel.
Pourquoi cette différence ?
La résidence principale correspond au logement dans lequel une personne vit habituellement et effectivement.
La résidence secondaire est un autre logement dont elle peut disposer, par exemple pour les vacances, les week-ends ou des séjours ponctuels.
La réforme fiscale a supprimé l’imposition de la première catégorie, sans supprimer celle de la seconde.
Il faut donc retenir une règle simple : ce n’est pas le fait d’être propriétaire ou locataire qui détermine à lui seul l’existence de la taxe d’habitation, mais principalement l’usage du logement et la possibilité d’en disposer.
Qui paie la taxe d’habitation sur une résidence secondaire ?
La taxe d’habitation sur les résidences secondaires est due par la personne qui dispose ou jouit du logement à titre privatif au 1er janvier de l’année d’imposition.
Il peut s’agir du propriétaire, d’un usufruitier, d’un locataire ou même, dans certaines situations, d’un occupant à titre gratuit.
Le logement doit notamment être suffisamment meublé pour permettre son habitation.
Exemple : une maison de vacances à Aix-les-Bains
Un couple possède une maison à Aix-les-Bains qu’il utilise pendant les vacances et certains week-ends.
Il réside habituellement dans une autre ville.
La maison d’Aix-les-Bains constitue donc une résidence secondaire.
Si le couple en dispose au 1er janvier 2026, il est en principe redevable de la taxe d’habitation sur cette résidence secondaire pour l’année entière.
Le fait qu’il n’y passe que vingt ou trente jours dans l’année ne change pas cette règle.
Exemple : un appartement loué comme résidence secondaire
Une personne loue à l’année un appartement meublé dans une station de montagne pour y passer ses week-ends.
Elle conserve sa résidence principale dans une autre commune.
Si elle dispose de cet appartement au 1er janvier, c’est en principe elle, en tant que locataire de la résidence secondaire, qui doit payer la taxe d’habitation.
Le propriétaire reste, de son côté, généralement redevable de la taxe foncière.
Un propriétaire occupant sa résidence principale paie-t-il encore la taxe d’habitation ?
Non.
Un propriétaire qui vit habituellement dans sa maison ou son appartement n’est plus redevable de la taxe d’habitation sur cette résidence principale depuis 2023.
Il continue toutefois à payer, sauf exonération particulière, la taxe foncière.
Ces deux impôts sont différents.
La taxe foncière est principalement liée à la propriété du bien immobilier.
La taxe d’habitation sur les résidences secondaires est liée à la disposition ou à la jouissance d’un logement meublé qui n’est pas la résidence principale.
Exemple
Un ménage possède un appartement à Chambéry, dans lequel il habite toute l’année.
Il reçoit un avis de taxe foncière de 1 250 euros.
En revanche, aucune taxe d’habitation sur sa résidence principale ne doit lui être réclamée.
S’il reçoit malgré tout un avis de taxe d’habitation pour cet appartement, il doit vérifier les informations d’occupation enregistrées par l’administration fiscale et, si nécessaire, déposer une réclamation.
Un locataire paie-t-il encore la taxe d’habitation ?
Tout dépend de l’usage du logement.
Le locataire d’une résidence principale
Un locataire qui occupe son logement comme résidence principale ne paie plus de taxe d’habitation.
Cela concerne aussi bien une location vide qu’une location meublée, dès lors que le logement constitue effectivement sa résidence principale.
Le propriétaire bailleur ne doit pas non plus payer une taxe d’habitation sur ce logement du seul fait qu’il lui appartient.
Le locataire d’une résidence secondaire
En revanche, une personne qui loue à l’année un logement meublé pour un usage secondaire peut être redevable de la taxe d’habitation.
Par exemple, un salarié résidant habituellement à Chambéry qui loue à l’année un appartement meublé dans une station pour ses loisirs peut être imposable au titre de ce second logement.
Le cas particulier des étudiants
Un étudiant qui occupe un studio ou un appartement comme résidence principale ne paie plus de taxe d’habitation sur ce logement.
Le fait qu’il reste rattaché au foyer fiscal de ses parents ne signifie pas automatiquement que son logement étudiant devient une résidence secondaire.
Ce qui compte est notamment son occupation habituelle et effective.
Il faut cependant distinguer un logement étudiant ordinaire d’un appartement réellement conservé comme résidence secondaire par une autre personne.
Qui paie si le logement est vendu en cours d’année ?
La taxe d’habitation sur les résidences secondaires est établie en fonction de la situation au 1er janvier de l’année d’imposition.
Elle est due pour l’année entière par la personne imposable à cette date.
Exemple : vente d’une résidence secondaire en avril
Un propriétaire possède un appartement de vacances à Annecy au 1er janvier 2026.
Il le vend le 15 avril 2026.
Il reste en principe redevable de la taxe d’habitation 2026 sur cet appartement, puisqu’il en avait la disposition au 1er janvier.
L’acquéreur ne devient pas automatiquement redevable d’une fraction de cette taxe pour les mois restant à courir.
Il ne faut pas confondre cette règle avec les arrangements contractuels parfois prévus entre vendeur et acquéreur pour la taxe foncière.
Et si l’appartement a été vendu en décembre 2025 ?
Si le vendeur ne disposait plus du logement au 1er janvier 2026, il ne devrait pas être redevable de la taxe d’habitation 2026 sur ce bien.
Si un avis lui est adressé à tort, il peut contacter l’administration fiscale et fournir les justificatifs de la vente.
Un logement vide doit-il payer la taxe d’habitation ?
La réponse dépend de ce que l’on entend par « vide ».
Un logement inoccupé mais meublé n’est pas fiscalement dans la même situation qu’un logement dépourvu de mobilier.
Un logement meublé, mais jamais utilisé
Un propriétaire possède un appartement équipé de meubles, d’une cuisine et de lits.
Il n’y séjourne pratiquement jamais, mais conserve la possibilité de l’occuper à tout moment.
Cet appartement peut être considéré comme une résidence secondaire et soumis à la taxe d’habitation.
Le fait de ne pas y séjourner effectivement ne suffit pas à écarter l’imposition.
Un logement réellement vide de meubles
Un appartement dépourvu du mobilier nécessaire à l’habitation n’est normalement pas soumis à la taxe d’habitation sur les résidences secondaires.
Mais il peut être concerné par une fiscalité spécifique aux logements vacants.
Il faut donc distinguer la THRS de la taxe sur les logements vacants et de la taxe d’habitation sur les logements vacants.
Logements vacants : quelles taxes peuvent s’appliquer en 2026 ?
En 2026, deux dispositifs distincts existent encore pour certains logements inoccupés : la taxe annuelle sur les logements vacants (TLV) et la taxe d’habitation sur les logements vacants (THLV).
Leur application dépend notamment de la localisation du bien, de sa durée de vacance et des conditions réglementaires.
La taxe annuelle sur les logements vacants
La TLV concerne certaines communes où la demande de logements est importante.
Elle peut s’appliquer à un logement non meublé, habitable et vacant depuis au moins un an au 1er janvier de l’année d’imposition, sous réserve des exceptions prévues.
Pour 2026, son taux est de 17 % la première année d’imposition et de 34 % à partir de la deuxième année, appliqué à la base prévue.
La taxe d’habitation sur les logements vacants
Dans les communes qui ne relèvent pas de la TLV, une collectivité peut, sous certaines conditions, avoir instauré une THLV.
Elle vise notamment des logements vacants depuis plus de deux ans au 1er janvier.
Son application dépend d’une décision locale.
Une évolution prévue en 2027
La loi de finances pour 2026 prévoit une fusion de ces dispositifs à compter des impositions de 2027, avec la création d’une taxe sur la vacance des locaux d’habitation.
Pour un article consacré à l’année 2026, il faut donc conserver la distinction entre TLV et THLV, tout en signalant cette évolution à venir.
Un logement en travaux est-il automatiquement exonéré ?
Non.
Certaines situations de vacance indépendante de la volonté du propriétaire ou certains travaux importants peuvent permettre d’écarter l’imposition, dans les conditions légales.
Mais il faut pouvoir justifier la situation.
Un propriétaire ne doit pas considérer qu’un simple rafraîchissement ou l’intention de réaliser des travaux suffit automatiquement à obtenir une exonération.
Qui paie la taxe d’habitation pour une location saisonnière ?
C’est l’un des cas les plus importants dans les Pays de Savoie.
Un propriétaire peut louer son appartement quelques semaines par an à des touristes, tout en conservant la possibilité de l’utiliser personnellement.
La fiscalité dépend alors de la manière dont le logement est mis à disposition.
Le propriétaire conserve l’usage de son appartement
Imaginons un appartement situé dans une station de ski.
Le propriétaire le loue pendant certaines semaines d’hiver, mais le conserve pour ses vacances d’été et quelques week-ends.
Il peut être redevable de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires, car il garde la jouissance personnelle du logement.
La perception de revenus locatifs ne suffit pas à supprimer cet impôt.
Selon les conditions d’exercice de l’activité, une cotisation foncière des entreprises peut également être due.
Le logement est exclusivement consacré à la location meublée
La situation est différente lorsque le propriétaire exploite le logement en location meublée sans s’en réserver la jouissance personnelle, même pendant une partie de l’année.
Dans cette configuration, il n’est en principe pas redevable de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires au titre de ce logement.
L’activité peut toutefois relever de la cotisation foncière des entreprises.
Il faut pouvoir établir les conditions réelles d’exploitation et l’absence de disposition personnelle.
Pourquoi cette distinction est-elle importante ?
Deux propriétaires possédant des appartements comparables dans la même station peuvent avoir des obligations fiscales différentes.
Le premier conserve l’appartement pour ses vacances et le loue occasionnellement.
Le second l’affecte exclusivement à une activité de location meublée, sans utilisation personnelle.
Leur situation au regard de la taxe d’habitation n’est pas nécessairement identique.
C’est pourquoi le mode de gestion, les contrats et les conditions d’utilisation du logement doivent être examinés avec attention.
La taxe d’habitation peut-elle être majorée dans certaines communes ?
Oui.
Certaines communes situées dans les zones prévues par la réglementation peuvent décider de majorer la part communale de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires.
Cette majoration peut être comprise entre 5 % et 60 % de la cotisation communale concernée.
Elle ne s’applique pas automatiquement dans toutes les communes touristiques ou dans toutes les communes où les logements sont chers.
Elle suppose notamment que la commune remplisse les conditions légales et ait pris une délibération applicable.
Exemple de majoration
Imaginons une résidence secondaire dont la cotisation communale de taxe d’habitation, avant majoration, est de 800 euros.
Si la commune applique une majoration de 40 %, le supplément serait de :
800 × 40 % = 320 euros.
La cotisation communale majorée atteindrait alors :
800 + 320 = 1 120 euros.
Les autres parts éventuelles et frais figurant sur l’avis doivent être traités séparément.
Cet exemple est fictif et ne correspond pas à une commune particulière.
Pourquoi certaines communes appliquent-elles une majoration ?
Le dispositif existe notamment dans un contexte de tension sur le marché du logement.
Dans certaines communes, la présence importante de résidences secondaires peut coexister avec des difficultés d’accès au logement pour les habitants permanents.
La majoration constitue un instrument fiscal que les collectivités éligibles peuvent choisir d’utiliser.
Il ne faut cependant pas en déduire qu’elle s’applique partout en Savoie ou en Haute-Savoie.
Avant d’acheter une résidence secondaire, il est indispensable de vérifier les délibérations fiscales de la commune concernée.
Comment calcule-t-on la taxe d’habitation sur une résidence secondaire ?
La taxe d’habitation sur les résidences secondaires est calculée à partir de la valeur locative cadastrale du logement et de ses dépendances imposables.
Cette valeur représente un loyer annuel théorique déterminé selon les règles cadastrales.
Les taux votés par les collectivités concernées sont ensuite appliqués.
Contrairement à la taxe foncière sur les propriétés bâties, on n’applique pas l’abattement forfaitaire de 50 % de la valeur locative cadastrale pour déterminer la base ordinaire de la taxe d’habitation.
Exemple de calcul
Imaginons un appartement de vacances dont la valeur locative cadastrale est de 4 000 euros.
Supposons que le taux global utilisé pour notre exemple soit de 20 %.
La taxe d’habitation avant éventuelle majoration et frais serait :
4 000 × 20 % = 800 euros.
Si une majoration communale s’applique, elle doit être calculée sur la part concernée, et non automatiquement sur la totalité de l’avis.
Pourquoi le montant varie-t-il entre deux logements ?
La valeur locative cadastrale dépend des caractéristiques retenues par l’administration.
Les taux dépendent des décisions des collectivités.
Les éventuelles majorations varient également selon les communes.
Deux appartements de même surface peuvent donc supporter des taxes d’habitation différentes.
Peut-on être exonéré de taxe d’habitation sur une résidence secondaire ?
Il n’existe pas d’exonération générale liée simplement au fait d’être retraité, de disposer de revenus modestes ou d’occuper peu souvent son logement secondaire.
Mais certaines situations particulières peuvent permettre d’obtenir un dégrèvement ou une exonération.
Une personne contrainte de résider ailleurs pour des raisons professionnelles
Des dispositifs spécifiques peuvent concerner certaines personnes qui, pour des raisons professionnelles, sont tenues de résider dans un autre logement que leur habitation principale.
Les conditions sont précises et nécessitent une analyse de la situation.
Les personnes hébergées durablement dans certains établissements
Des dispositions peuvent également concerner certaines personnes ayant quitté leur ancienne résidence principale pour être accueillies durablement dans un établissement spécialisé.
L’ancien logement peut bénéficier d’un traitement particulier, sous conditions.
Certains meublés de tourisme en zones éligibles
Des exonérations facultatives peuvent exister pour certains meublés de tourisme classés et chambres d’hôtes situés dans des zones prévues par la réglementation, lorsque les collectivités ont adopté les délibérations nécessaires.
Il ne faut donc pas supposer qu’un classement touristique suffit, à lui seul, à supprimer la taxe.
Comment savoir si votre commune applique une majoration ?
La manière la plus fiable consiste à consulter les informations fiscales de la commune et les données de l’administration.
Le dernier avis de taxe d’habitation permet également d’identifier les éléments de calcul appliqués au logement.
Pour un projet d’achat de résidence secondaire, il est conseillé de demander au vendeur une copie de son dernier avis.
Ce document permet de connaître le montant effectivement réclamé pour une année donnée.
Mais il ne garantit pas que la taxe restera identique à l’avenir.
Les bases cadastrales peuvent évoluer, les taux peuvent être modifiés et une commune peut adopter ou faire évoluer une majoration dans les conditions légales.
Dans les stations de montagne et les communes touristiques des Pays de Savoie, cette vérification doit faire partie de l’étude du coût annuel de possession.
Quand reçoit-on et quand paie-t-on la taxe d’habitation en 2026 ?
Les avis de taxe d’habitation sur les résidences secondaires sont mis à disposition à l’automne, généralement au mois de novembre.
Pour 2026, les avis sont accessibles à partir du 2 novembre pour les contribuables non mensualisés, selon le calendrier publié par l’administration.
La date limite de paiement dépend du mode de règlement.
Elle est fixée au 15 décembre 2026 pour les paiements non dématérialisés autorisés, et au 20 décembre 2026 pour les paiements dématérialisés concernés.
Le propriétaire ou l’occupant imposable doit toujours se référer à la date figurant sur son propre avis.
Peut-on mensualiser cet impôt ?
Oui, la mensualisation est possible selon les modalités proposées par l’administration fiscale.
Elle permet de répartir la charge sur plusieurs prélèvements plutôt que de régler la totalité en fin d’année.
Cette solution peut être utile pour les propriétaires qui supportent déjà la taxe foncière et d’autres dépenses importantes à l’automne.
Pourquoi faut-il déclarer l’occupation de ses logements aux impôts ?
Depuis 2023, les propriétaires doivent renseigner la situation d’occupation de leurs biens à usage d’habitation dans le service en ligne « Gérer mes biens immobiliers ».
Cette démarche permet notamment à l’administration de distinguer les résidences principales, les résidences secondaires, les logements loués et les logements vacants.
En 2026, une déclaration était nécessaire lorsqu’un changement d’occupation était intervenu ou lorsqu’aucune déclaration précédente n’avait été effectuée.
L’échéance générale était fixée au 30 juin 2026 pour les situations concernées.
Exemple
Un propriétaire possède deux appartements.
Il habite le premier et loue le second à un locataire qui en fait sa résidence principale.
L’administration doit disposer des informations permettant d’identifier correctement l’usage de chacun.
Si le second appartement est ensuite libéré, meublé et conservé pour les vacances du propriétaire, sa situation fiscale peut changer.
Il est donc essentiel d’actualiser les informations d’occupation lorsque les circonstances l’exigent.
Une erreur peut-elle provoquer un avis injustifié ?
Oui.
Une situation d’occupation incorrectement enregistrée peut entraîner l’émission d’un avis de taxe d’habitation qui ne correspond pas à la réalité.
Il faut alors vérifier la déclaration et, si nécessaire, déposer une réclamation avec les justificatifs utiles.
Que faire si vous recevez une taxe d’habitation à tort ?
La première étape consiste à vérifier le logement concerné et l’année d’imposition.
Il faut ensuite examiner sa situation au 1er janvier.
Le bien constituait-il votre résidence principale ? Avait-il déjà été vendu ? Était-il loué à un occupant qui en faisait sa résidence principale ? Était-il réellement vide de meubles ?
Ces éléments permettent de comprendre si l’imposition paraît justifiée.
Comment contester ?
La réclamation peut être effectuée depuis la messagerie sécurisée de l’espace personnel sur impots.gouv.fr.
Il est utile de joindre les pièces correspondant à la situation : acte de vente, bail, état des lieux, justificatifs de résidence principale ou documents établissant l’absence de disposition du logement.
L’administration examine ensuite la demande.
Il faut toutefois savoir qu’une réclamation ne suspend pas automatiquement l’obligation de paiement. Un sursis de paiement peut être demandé dans les conditions prévues.
Il est donc préférable d’agir rapidement après réception de l’avis.
Taxe d’habitation et taxe foncière : quelles différences ?
Ces deux impôts sont souvent confondus parce qu’ils concernent tous deux le logement.
Pourtant, ils ne reposent pas sur la même logique.
| Situation | Taxe foncière | Taxe d’habitation |
|---|---|---|
| Propriétaire de sa résidence principale | Oui, sauf exonération | Non |
| Locataire de sa résidence principale | Non | Non |
| Propriétaire d’une résidence secondaire disponible pour son usage | Oui | Oui, en principe |
| Locataire à l’année d’une résidence secondaire | Non | Oui, en principe |
| Propriétaire d’un logement loué comme résidence principale | Oui | Non, en principe |
| Propriétaire d’un logement vide et vacant | Oui, en principe | Pas de THRS, mais taxe sur la vacance possible |
La taxe foncière reste principalement attachée à la propriété du logement.
La taxe d’habitation sur les résidences secondaires dépend de la disposition ou de la jouissance du logement meublé au 1er janvier.
Cette distinction permet de comprendre pourquoi une même personne peut payer les deux taxes pour une résidence secondaire, mais seulement la taxe foncière pour sa résidence principale.
Pourquoi la taxe d’habitation est-elle importante avant d’acheter une résidence secondaire ?
L’achat d’une résidence secondaire doit être évalué au-delà du prix d’acquisition.
Un appartement en station peut entraîner des charges de copropriété, des frais de chauffage, des assurances, des dépenses d’entretien et une taxe foncière.
À ces coûts peut s’ajouter la taxe d’habitation sur les résidences secondaires, éventuellement majorée.
Exemple de budget annuel
Imaginons un appartement de vacances dans une commune touristique de Savoie.
Les dépenses annuelles fictives sont les suivantes :
| Dépense | Montant |
|---|---|
| Charges de copropriété non récupérées | 2 400 € |
| Taxe foncière | 950 € |
| Taxe d’habitation sur résidence secondaire | 1 100 € |
| Assurance | 250 € |
| Électricité et chauffage | 1 200 € |
| Entretien et petites réparations | 500 € |
| Total annuel | 6 400 € |
Cela représente environ 533 euros par mois, sans tenir compte du crédit immobilier, d’éventuels gros travaux ni des frais d’acquisition.
La taxe d’habitation représente ici une part significative du budget.
Son montant doit donc être connu avant de finaliser l’achat.
Et si le propriétaire souhaite louer ponctuellement ?
Il faut alors étudier les revenus locatifs possibles, mais aussi les frais de gestion, les obligations locales et les conséquences fiscales.
La location saisonnière ne supprime pas automatiquement la taxe d’habitation si le propriétaire conserve la possibilité d’utiliser le logement.
Un calcul de rentabilité sérieux doit intégrer cette réalité.
Les erreurs fréquentes concernant la taxe d’habitation
Plusieurs idées reçues peuvent conduire à de mauvaises décisions.
La première consiste à croire que la taxe d’habitation a totalement disparu. En réalité, sa suppression concerne les résidences principales.
La deuxième est de penser que seul le propriétaire peut être imposé. Un locataire disposant d’une résidence secondaire peut également être redevable.
La troisième consiste à supposer qu’un logement inoccupé ne paie jamais de taxe d’habitation. S’il reste meublé et disponible pour un usage personnel, la THRS peut s’appliquer.
La quatrième est de croire que quelques semaines de location saisonnière suffisent à supprimer l’impôt.
La cinquième consiste à confondre taxe d’habitation sur les résidences secondaires et taxes sur les logements vacants.
La sixième est de négliger les majorations locales lors de l’achat d’un appartement de vacances.
Enfin, la septième consiste à oublier de mettre à jour la déclaration d’occupation du logement auprès de l’administration fiscale.
Taxe d’habitation : ce qu’il faut retenir en 2026
Depuis 2023, la résidence principale n’est plus soumise à la taxe d’habitation, que son occupant soit propriétaire ou locataire.
Mais cet impôt reste applicable aux résidences secondaires, dès lors que les conditions légales sont réunies.
La personne imposable est celle qui dispose du logement meublé à titre privatif au 1er janvier. Il peut s’agir du propriétaire, d’un usufruitier ou d’un locataire.
Les logements réellement vacants relèvent, quant à eux, de dispositifs fiscaux distincts.
Dans les Pays de Savoie, où les résidences secondaires et les locations touristiques occupent une place importante, il faut être particulièrement attentif aux majorations locales et aux conditions d’utilisation des logements.
Avant d’acheter, de louer ou de transformer l’usage d’un bien, la bonne question n’est donc pas seulement « suis-je propriétaire ? », mais « qui dispose réellement de ce logement au 1er janvier et pour quel usage ? »
C’est cette distinction qui permet, dans la plupart des situations, de comprendre qui doit payer la taxe d’habitation.
Sources
- Service-Public -Taxe d’habitation sur les résidences secondaires : personnes imposables, logements concernés et règles au 1er janvier.
- Impots.gouv.fr -Qui paie la taxe d’habitation en 2026 ? : suppression sur les résidences principales et maintien sur les résidences secondaires.
- Impots.gouv.fr -Location meublée, CFE et taxe d’habitation : distinction entre usage personnel et exploitation locative.
- Service-Public -Taxes sur les logements vacants : TLV, THLV et réforme prévue en 2027.
- Service-Public -Déclaration d’occupation des biens immobiliers en 2026.
- Service-Public -Calendrier de paiement de la taxe d’habitation 2026.
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