Après deux années de ralentissement, le marché immobilier du bassin chambérien a retrouvé une partie de son dynamisme au début de l’année 2026. Les acheteurs sont revenus, les transactions se poursuivent et les prix des appartements anciens progressent dans plusieurs secteurs. Mais cette reprise reste fragile : depuis le printemps, les professionnels observent un nouveau ralentissement des projets, tandis que les acquéreurs se montrent toujours plus attentifs au prix, à la qualité du logement et aux travaux à prévoir.
À Chambéry, les appartements anciens restent sensiblement moins chers que dans plusieurs communes de la périphérie. À La Motte-Servolex, Saint-Alban-Leysse ou Jacob-Bellecombette, la demande résidentielle continue de soutenir les valeurs. Le marché des maisons, quant à lui, demeure très dépendant de la localisation et des caractéristiques du bien.
La question centrale à la mi-2026 n’est donc plus de savoir si le marché immobilier chambérien s’est effondré, mais si la reprise engagée peut se prolonger.
Pour y répondre, nous avons croisé les dernières statistiques notariales disponibles, les transactions issues de la base DVF, les indicateurs de prix actualisés et les observations des professionnels locaux.
Précision méthodologique : la mise à jour DVF d’octobre 2026 couvre désormais les ventes du 1er janvier au 30 juin 2026. Toutefois, les volumes et prix médians de ce seul semestre n’ont pas encore pu être extraits et vérifiés commune par commune pour cette analyse. Nous n’allons donc pas leur attribuer de chiffres non calculés. Les données notariales présentées ci-dessous correspondent à des ventes effectivement conclues sur une période de douze mois incluant le premier trimestre 2026 ; elles sont complétées par des indicateurs plus récents, clairement identifiés.
Le début de l’année 2026 confirme la résistance du marché chambérien
Le premier enseignement des dernières statistiques notariales est que le marché chambérien conserve une dynamique de prix positive.
Dans sa synthèse de juin 2026, portant sur les transactions réalisées entre le 1er avril 2025 et le 31 mars 2026, la Chambre interdépartementale des notaires des Savoie relève un prix médian de 2 840 €/m² pour les appartements anciens à Chambéry, soit une progression de 5,1 % sur un an.
Dans la périphérie chambérienne, la médiane atteint 3 500 €/m², en hausse de 8,5 %.
Ces données correspondent à des ventes réellement enregistrées, et non à des prix demandés dans les annonces.
Les derniers prix de vente constatés
Chambéry · appartements anciens
2 840 €/m²
+5,1 % sur un an
Périphérie · appartements anciens
3 500 €/m²
+8,5 % sur un an
Notaires de France, ventes du 1er avril 2025 au 31 mars 2026, publication de juin 2026.
Cette progression mérite toutefois d’être interprétée correctement. Une hausse du prix médian ne signifie pas que tous les appartements ont pris 5 ou 8 % de valeur. Elle dépend aussi de la composition des biens vendus : quartiers, surfaces, ancienneté des immeubles et état général.
Néanmoins, elle confirme que les prix des logements anciens ne se sont pas effondrés malgré les difficultés de financement rencontrées ces dernières années.
À Chambéry, les appartements anciens restent relativement accessibles
Chambéry présente une particularité : la ville-centre affiche des prix inférieurs à ceux de nombreuses communes périphériques.
Sur la période étudiée par les notaires, le prix de vente médian d’un appartement ancien atteint 167 300 €, pour une surface habitable médiane de 65 m².
Dans la périphérie, le prix de vente médian atteint 210 900 €, pour une surface médiane de 66 m².
Les appartements vendus dans la périphérie sont donc, dans cet échantillon, d’une taille médiane très proche de ceux vendus à Chambéry, mais à un prix sensiblement supérieur.
Cette différence s’explique notamment par l’attractivité résidentielle des communes voisines, où les acquéreurs recherchent des immeubles récents, des quartiers moins denses, des stationnements et des espaces extérieurs.
À Chambéry même, le marché est très contrasté.
Le centre ancien attire les acheteurs qui privilégient les commerces, les transports et la vie urbaine. Les quartiers de Bissy et de Chambéry-le-Vieux séduisent notamment les ménages recherchant un environnement résidentiel. Les secteurs de Chambéry-le-Haut proposent des prix généralement plus accessibles, avec de fortes différences entre les résidences.
Les ventes enregistrées en 2025 illustraient déjà ces contrastes : 3 620 €/m² à Chambéry-le-Vieux, 2 900 €/m² dans le centre ancien et 2 160 €/m² à Chambéry-le-Haut, selon les médianes notariales de cette année-là. Ces références permettent de comprendre la géographie des prix, mais ne constituent pas des valeurs actualisées au premier semestre 2026.
Le marché chambérien ne peut donc pas être résumé par un seul prix moyen.
La périphérie chambérienne conserve une prime résidentielle importante
Le différentiel de prix entre Chambéry et ses communes voisines constitue l’un des phénomènes les plus intéressants du marché local.
La Motte-Servolex bénéficie d’une offre complète de commerces, d’établissements scolaires et de services, ainsi que d’une position pratique entre Chambéry, Savoie Technolac et le lac du Bourget.
Saint-Alban-Leysse et Bassens profitent de leur proximité avec les pôles commerciaux et les équipements de l’agglomération, tout en offrant des quartiers résidentiels recherchés.
Jacob-Bellecombette attire notamment par son environnement verdoyant et sa proximité avec le centre de Chambéry et le campus universitaire. Challes-les-Eaux possède, pour sa part, une identité résidentielle forte, avec ses équipements et ses espaces de promenade.
Les prix constatés par les notaires en 2025 montraient déjà cette hiérarchie : 3 710 €/m² à Jacob-Bellecombette, 3 630 € à Saint-Alban-Leysse, 3 530 € à Challes-les-Eaux et 3 490 € à La Motte-Servolex pour les appartements anciens.
La nouvelle médiane de 3 500 €/m² publiée en juin 2026 pour l’ensemble de la périphérie confirme que ce secteur conserve un niveau de prix supérieur à la ville-centre.
Cela ne signifie pas pour autant que tous les biens périphériques sont plus chers. Un appartement ancien à Cognin ou Barberaz peut rester moins coûteux qu’un logement rénové dans le centre de Chambéry.
Le véritable critère est la combinaison de l’adresse, du type d’immeuble, des équipements et de la qualité du logement.
Les maisons : un marché qui résiste, mais avec des évolutions différentes
Le marché des maisons anciennes présente une situation plus nuancée.
Selon les notaires, sur la période allant d’avril 2025 à mars 2026, le prix de vente médian atteint 386 600 € à Chambéry, en hausse de 7,2 % sur un an.
La maison médiane vendue dans la commune possède une surface habitable de 118 m² et un terrain de 600 m².
Dans la périphérie chambérienne, le prix médian s’établit à 392 800 €, quasiment stable sur un an, avec une variation de −0,2 %. Les maisons vendues présentent une surface médiane de 119 m² et un terrain médian de 760 m².
La proximité des deux médianes est intéressante. Contrairement aux appartements, les maisons de Chambéry ne présentent pas une décote importante par rapport à celles de la périphérie.
L’explication tient notamment à la rareté des maisons individuelles dans certains quartiers de la ville et à la diversité des biens vendus.
Une maison à Bissy, Chambéry-le-Vieux ou sur les hauteurs peut offrir des caractéristiques comparables à celles d’une maison située dans une commune périphérique.
Mais il faut éviter de considérer la hausse de 7,2 % à Chambéry comme une augmentation automatique de la valeur de toutes les maisons. Sur un marché où les transactions sont moins nombreuses que pour les appartements, quelques ventes de biens particulièrement recherchés peuvent modifier sensiblement la médiane.
Le neuf : des prix élevés qui compliquent l’accession à la propriété
Le marché des appartements neufs reste l’un des segments les plus sensibles à la capacité de financement des ménages.
Les dernières statistiques notariales montrent un prix médian de 5 090 €/m² à Chambéry, en hausse de 1,9 % sur un an, et de 4 580 €/m² dans la périphérie, en hausse de 4,2 %.
Le prix médian de vente atteint respectivement 267 000 € et 308 800 €, pour des surfaces médianes de 59 et 67 m².
La comparaison avec l’ancien est particulièrement révélatrice.
| Secteur | Appartement ancien | Appartement neuf |
|---|---|---|
| Chambéry | 2 840 €/m² | 5 090 €/m² |
| Périphérie chambérienne | 3 500 €/m² | 4 580 €/m² |
Prix médians des transactions, avril 2025 à mars 2026. Les logements neufs et anciens vendus n’ont pas nécessairement des caractéristiques comparables.
À Chambéry, le prix médian au mètre carré dans le neuf est ainsi environ 79 % supérieur à celui de l’ancien.
Cette différence s’explique notamment par les coûts de construction, le foncier, les normes énergétiques et les prestations des programmes récents.
Mais elle rend l’accession difficile pour les primo-accédants, particulièrement lorsqu’ils recherchent un appartement familial.
Le neuf peut conserver des avantages en matière de performance énergétique et de confort. Toutefois, les acheteurs doivent désormais comparer soigneusement ces bénéfices avec le coût d’acquisition et les éventuels travaux nécessaires dans l’ancien.
Les indicateurs actualisés à l’automne confirment une tendance positive des prix
Les statistiques notariales ne sont pas les seules informations disponibles.
Au 1er octobre 2026, PAP estime le prix moyen de l’immobilier à Chambéry à 3 117 €/m², avec un prix de 3 033 €/m² pour les appartements et de 4 045 €/m² pour les maisons.
La plateforme indique une hausse globale de 2,1 % sur six mois et de 5,2 % sur un an.
Ces chiffres sont plus récents que les ventes notariales, mais leur nature est différente. PAP combine notamment les données DVF et les annonces publiées sur sa plateforme.
Ils ne doivent donc pas être présentés comme les prix médians des ventes conclues au premier semestre 2026.
Ils apportent néanmoins un signal complémentaire : à l’automne, les indicateurs de valorisation restent orientés à la hausse.
Pour les vendeurs, cela ne signifie pas qu’il suffit d’appliquer une augmentation de 5 % au prix de leur logement. Une estimation pertinente doit toujours s’appuyer sur des ventes comparables, récentes et proches géographiquement.
Une reprise contrariée depuis le printemps 2026
L’évolution des prix ne suffit pas à comprendre le marché. Il faut également observer l’activité des agences et le comportement des acheteurs.
Dans un communiqué du 11 septembre 2026, la FNAIM Savoie Mont Blanc indique que le début de l’année confirmait la reprise engagée fin 2025, mais qu’un net ralentissement est apparu à partir de mai 2026.
La fédération attribue ce changement aux incertitudes économiques et géopolitiques, à la hausse du coût de l’énergie et à la dégradation du pouvoir d’achat, qui ont conduit certains ménages à reporter leurs projets.
Cette observation nuance fortement l’idée d’une reprise continue.
Le marché peut enregistrer des prix médians en hausse tout en connaissant une baisse du nombre de candidats à l’achat. Les logements bien positionnés continuent de trouver preneur, tandis que les biens surévalués ou nécessitant des travaux importants peuvent rester plus longtemps sur le marché.
À Chambéry, cela concerne notamment les appartements anciens présentant une mauvaise performance énergétique, les copropriétés avec d’importants travaux à venir ou les logements souffrant de nuisances.
À l’inverse, les biens rénovés, disposant d’un extérieur, d’un stationnement et d’un accès pratique aux services conservent des arguments solides.
La qualité du bien devient ainsi aussi importante que son adresse.
Quelles perspectives pour la fin de l’année 2026 ?
Trois enseignements se dégagent de cette analyse.
Le premier est que les prix immobiliers du bassin chambérien ont globalement résisté au ralentissement du marché. Les dernières transactions notariales montrent même des progressions significatives dans l’ancien, particulièrement pour les appartements de la périphérie.
Le deuxième est que la reprise de l’activité reste fragile. Les observations de la FNAIM montrent que les incertitudes économiques ont freiné les projets dès le printemps 2026.
Le troisième est que le marché devient plus sélectif. Les acheteurs disposent de davantage d’informations, comparent les logements et intègrent le coût des travaux, de l’énergie et du financement.
Pour les vendeurs, la conséquence est claire : un prix cohérent avec les caractéristiques réelles du logement constitue désormais un facteur déterminant pour vendre dans de bonnes conditions.
Pour les acheteurs, le marché offre davantage de possibilités de comparaison et de négociation, mais les biens les plus attractifs restent recherchés.
À la mi-2026, le bassin chambérien apparaît donc comme un marché résilient, mais moins fluide qu’auparavant. La reprise existe, sans être suffisamment solide pour garantir une nouvelle phase de hausse généralisée.
Combien vaut votre bien immobilier ?
Vous êtes propriétaire en Pays de Savoie ? Découvrez les critères qui déterminent la valeur de votre logement et faites le point sur votre projet.
