À la rencontre de la Combe de Savoie, de la Tarentaise et du Beaufortain, Albertville occupe une position singulière dans le paysage immobilier savoyard. La ville s’étend dans une vaste plaine dominée par les premiers reliefs des Bauges et du Beaufortain, à proximité des grands axes qui conduisent vers les vallées alpines. Mais il suffit de prendre un peu de hauteur, en direction de Mercury ou de Venthon, pour découvrir un environnement résidentiel très différent. Les immeubles de la ville laissent place aux maisons individuelles, aux jardins, aux hameaux et aux vues ouvertes sur les montagnes.
Plus au nord, la vallée de l’Arly conduit vers Ugine, ancien centre industriel devenu un pôle résidentiel et économique important. Puis la route s’élève vers le Val d’Arly, où les villages de Flumet, Saint-Nicolas-la-Chapelle, Notre-Dame-de-Bellecombe, Crest-Voland et Cohennoz associent habitat permanent, patrimoine montagnard et immobilier touristique.
Ces territoires appartiennent à un même ensemble géographique, mais leurs marchés immobiliers sont profondément différents.
À Albertville, les appartements anciens constituent une part importante de l’offre, avec des prix encore accessibles à l’échelle savoyarde. Sur les hauteurs de Mercury et de Venthon, la demande se concentre davantage sur les maisons individuelles, les terrains et la qualité du cadre de vie. À Ugine, l’emploi industriel et les services de proximité structurent un marché principalement résidentiel. Dans le Val d’Arly, enfin, la proximité des domaines skiables et l’attrait des résidences secondaires introduisent une logique touristique qui peut faire sensiblement augmenter les valeurs.
Pour comprendre ces différences, cette analyse distingue quatre ensembles : Albertville et ses quartiers, les hauteurs résidentielles autour de Mercury et Venthon, la vallée de l’Arly jusqu’à Ugine, puis les villages et stations du Val d’Arly.
L’étude s’inscrit dans le bilan immobilier du premier semestre 2026. Elle distingue les prix réellement constatés dans les transactions, les estimations communales et les tendances observées sur les marchés touristiques. Cette précaution est particulièrement importante dans les petites communes de montagne, où quelques ventes atypiques peuvent modifier fortement les moyennes.
Les dernières statistiques notariales constituent un point de départ indispensable pour comprendre le marché immobilier d’Arlysère.
Dans la synthèse publiée en juin 2026, les Notaires de France regroupent Albertville, Ugine et Grésy-sur-Isère au sein d’un même secteur statistique. Celui-ci dépasse donc le seul périmètre d’Albertville et de la vallée de l’Arly.
Pour les ventes enregistrées entre avril 2025 et mars 2026, le prix médian des appartements anciens atteint 2 250 €/m², en hausse de 1,9 % sur un an. Les maisons anciennes présentent un prix médian de 270 000 €, en progression de 1,3 %.
Ces niveaux restent nettement inférieurs à ceux de Chambéry et de sa périphérie. Ils confirment le positionnement résidentiel accessible du bassin albertvillois, malgré les différences importantes entre les communes.
À l’inverse, les marchés touristiques du Beaufortain et du Val d’Arly doivent être étudiés séparément : leur parc de logements, leur clientèle et leurs prix ne sont pas directement comparables à ceux des villes de vallée.
Albertville : un marché urbain aux différences marquées entre quartiers
Albertville : des appartements accessibles, mais un marché plus exigeant
Albertville constitue le principal pôle de services d’Arlysère. La ville bénéficie d’une position stratégique à la rencontre de plusieurs vallées alpines, avec une gare, des établissements scolaires, des équipements sportifs, des commerces et des services de santé.
Son parc immobilier est diversifié. Les appartements anciens occupent une place importante dans le centre et les quartiers résidentiels, tandis que les maisons individuelles se concentrent davantage dans certains secteurs périphériques.
Selon PAP, le prix moyen de l’immobilier à Albertville atteint 2 422 €/m² au 1er octobre 2026, avec une estimation de 2 366 €/m² pour les appartements et de 2 724 €/m² pour les maisons.
L’indicateur global progresse de 1,5 % sur un an, mais recule légèrement de 0,5 % sur six mois. Sur cinq ans, la hausse atteint 19,4 %.
Cette évolution traduit davantage une phase de stabilisation qu’une nouvelle envolée des prix.
Le marché reste attractif pour les primo-accédants et les ménages recherchant un appartement familial à un budget inférieur à celui des grandes agglomérations savoyardes.
Mais les différences entre logements sont importantes.
Un appartement ancien disposant d’un chauffage collectif coûteux, d’une mauvaise isolation ou d’une copropriété nécessitant des travaux peut être nettement moins recherché qu’un logement rénové, bien exposé et disposant d’un stationnement.
La performance énergétique devient un critère important dans la décision d’achat. Les acquéreurs intègrent davantage le coût des travaux et les charges futures à leur budget.
Le centre-ville : accessibilité et services, mais un parc ancien à examiner
Le centre-ville d’Albertville offre un accès direct aux commerces, aux établissements scolaires et aux services.
Les appartements peuvent y présenter des surfaces intéressantes et des prix attractifs.
Mais la qualité des immeubles est très variable.
Certains logements ont été rénovés, tandis que d’autres nécessitent des travaux importants. Les parties communes, la toiture, les façades et les systèmes de chauffage doivent être examinés avec attention.
Pour les investisseurs, le centre-ville peut offrir des possibilités, mais la demande locative doit être étudiée quartier par quartier.
La plaine et les quartiers résidentiels : une demande familiale plus affirmée
Les secteurs résidentiels de la plaine d’Albertville attirent davantage les ménages recherchant un environnement calme, des logements fonctionnels et des possibilités de stationnement.
Les appartements récents ou rénovés, disposant de balcons et de garages, bénéficient d’arguments importants.
Les maisons individuelles sont également recherchées, notamment lorsqu’elles possèdent un jardin et un accès facile aux principaux axes routiers.
Leur prix dépend fortement de la surface, de l’état énergétique et de l’environnement immédiat.
Conflans : un marché patrimonial à part
Dominant Albertville, la cité médiévale de Conflans constitue un marché immobilier particulier.
Son architecture historique, ses ruelles et ses vues sur la vallée séduisent les acquéreurs sensibles au patrimoine.
Mais les propriétés peuvent présenter des contraintes spécifiques : accès difficiles, stationnement limité, travaux de rénovation et règles patrimoniales.
Il serait donc trompeur d’appliquer une moyenne immobilière d’Albertville à une maison ancienne située dans le cœur historique de Conflans.
Chaque bien nécessite une analyse particulière.
Mercury, Venthon et les hauteurs d’Albertville : le marché des maisons avec vue
Mercury : l’un des marchés résidentiels les plus recherchés du bassin albertvillois
Sur les hauteurs orientales d’Albertville, Mercury bénéficie d’une situation résidentielle particulièrement attractive.
La commune s’étend sur les premiers reliefs du Beaufortain, avec des hameaux, des maisons individuelles, des jardins et des vues ouvertes sur la vallée et les massifs environnants.
La proximité d’Albertville permet de rejoindre les services, les commerces et les établissements scolaires tout en habitant dans un environnement moins urbanisé.
Cette combinaison explique en partie le niveau élevé des prix immobiliers.
Selon PAP, le prix moyen atteint 3 370 €/m² au 1er octobre 2026, dont 3 147 €/m² pour les appartements et 3 537 €/m² pour les maisons.
L’indicateur global progresse de 2,2 % sur un an et de 5,7 % sur six mois. Sur cinq ans, la hausse atteint 23,9 %.
Mercury présente ainsi des prix sensiblement supérieurs à ceux d’Albertville.
Pour les maisons, l’écart atteint environ 30 % entre les deux communes, sur la base des estimations PAP.
Une maison de 110 m² représente théoriquement un budget d’environ 389 000 € à Mercury, contre 300 000 € à Albertville, hors prise en compte des terrains, de l’état et des prestations.
Cette différence reflète l’attractivité des coteaux.
Les maisons bien exposées, bénéficiant d’une vue dégagée et d’un jardin, disposent d’arguments importants. Mais la pente du terrain, l’accessibilité hivernale et les travaux éventuels peuvent modifier sensiblement la valeur.
Mercury se caractérise également par une forte présence de propriétaires occupants.
Selon PAP, les maisons représentent environ 82 % du parc de logements et les résidences principales 87 %.
Il s’agit donc d’un marché très largement résidentiel, éloigné du fonctionnement des stations touristiques du Val d’Arly.
Venthon : un marché plus petit, entre proximité urbaine et environnement de coteau
Au nord-est d’Albertville, Venthon présente un profil résidentiel différent de Mercury.
La commune bénéficie d’une proximité immédiate avec Albertville et d’un environnement marqué par les reliefs, les hameaux et les maisons individuelles.
Les estimations PAP d’octobre 2026 situent les appartements à 2 140 €/m² et les maisons à 3 237 €/m².
L’écart entre appartements et maisons est important.
Il peut notamment refléter la composition du parc immobilier, la rareté des appartements et les différences de qualité entre les biens observés.
Le marché des maisons dépend fortement de la situation précise.
Une propriété bénéficiant d’un jardin, d’une bonne exposition et d’un accès facile à Albertville peut intéresser les familles recherchant un cadre de vie résidentiel.
Mais les biens situés sur des terrains en pente ou nécessitant d’importants travaux peuvent présenter des contraintes particulières.
Dans une petite commune comme Venthon, les moyennes immobilières doivent être utilisées avec prudence. Le nombre limité de transactions rend les estimations sensibles à la composition des ventes.
Pallud, Thénésol, Allondaz et Plancherine : des villages résidentiels aux marchés très différenciés
Autour d’Albertville, les communes de Pallud, Thénésol, Allondaz et Plancherine constituent un ensemble de villages résidentiels dont l’attractivité repose largement sur l’environnement naturel.
Pallud bénéficie d’une proximité immédiate avec Albertville, tandis que Thénésol et Allondaz offrent des paysages plus ruraux.
Plancherine, située sur les hauteurs, se distingue par son environnement montagnard et ses vues sur les massifs.
Les prix des maisons reflètent en partie cette attractivité.
| Commune | Maisons — estimation PAP |
|---|---|
| Plancherine | 3 561 €/m² |
| Pallud | 3 370 €/m² |
| Thénésol | 3 156 €/m² |
| Allondaz | 3 135 €/m² |
| Venthon | 3 237 €/m² |
| Mercury | 3 537 €/m² |
| Albertville | 2 724 €/m² |
Estimations PAP, octobre 2026. Les chiffres doivent être interprétés avec prudence dans les petites communes, où les transactions sont peu nombreuses.
Ces valeurs montrent que les communes situées sur les hauteurs peuvent présenter des prix supérieurs à ceux de la ville-centre.
Mais cette différence ne dépend pas uniquement de l’altitude.
L’exposition, les vues, la proximité des services, l’état des maisons et la facilité d’accès constituent des facteurs déterminants.
Une maison située à quelques minutes d’Albertville peut être recherchée pour sa tranquillité, tandis qu’une propriété plus isolée peut rencontrer davantage de difficultés si elle nécessite des déplacements importants.
Pour les acquéreurs, les villages des hauteurs offrent des possibilités intéressantes, mais les contraintes de montagne doivent être intégrées au projet.
L’entretien des accès, les coûts de chauffage, les travaux sur les terrains en pente et les éventuels risques naturels peuvent modifier sensiblement le coût global de détention.
De Venthon à Ugine : la vallée de l’Arly, entre habitat permanent et activité économique
Césarches et Marthod : deux communes de transition vers Ugine
En quittant Albertville vers le nord, la vallée de l’Arly s’engage entre les premiers reliefs du Beaufortain et les massifs qui dominent Ugine.
Césarches et Marthod occupent une position intermédiaire entre le bassin albertvillois et le pôle économique uginois.
Leur marché immobilier est principalement résidentiel.
À Césarches, PAP estime les appartements à 2 092 €/m² et les maisons à 3 432 €/m² en octobre 2026. À Marthod, les appartements atteignent 2 113 €/m² et les maisons 2 759 €/m².
Ces différences traduisent notamment la diversité des propriétés.
Les maisons individuelles occupent une place importante dans ces communes. Les biens situés sur les coteaux peuvent bénéficier de vues et d’une exposition favorables, tandis que les propriétés proches des axes de circulation peuvent être davantage exposées aux nuisances.
Marthod possède également un patrimoine rural important, avec des maisons anciennes et des hameaux qui présentent des caractéristiques très différentes des logements récents.
Les acquéreurs recherchent principalement un compromis entre proximité des emplois, tranquillité et budget.
Mais la qualité de l’accès, les travaux de rénovation et l’état énergétique des bâtiments jouent un rôle déterminant.
Ugine : un marché résidentiel structuré par l’emploi industriel
À la rencontre de la vallée de l’Arly et de la route menant vers le Val d’Arly, Ugine constitue un centre économique important.
La ville possède une histoire industrielle particulièrement marquée, notamment dans la métallurgie et les aciers spéciaux. Cette activité continue de structurer une partie de l’emploi local.
Ugine dispose également de commerces, d’établissements scolaires, de services et d’équipements publics qui renforcent son rôle de pôle résidentiel.
Son marché immobilier reste relativement accessible.
Selon PAP, le prix moyen atteint 2 425 €/m² au 1er octobre 2026, dont 2 090 €/m² pour les appartements et 2 958 €/m² pour les maisons.
L’indicateur global progresse de 2,5 % sur un an et de 6,3 % sur six mois. Sur cinq ans, la hausse atteint 14,8 %.
Ugine présente ainsi un niveau de prix comparable à celui d’Albertville pour les appartements, mais un marché des maisons légèrement plus cher selon les estimations communales.
Cette différence peut refléter la composition du parc immobilier et les caractéristiques des biens observés.
La ville comprend des appartements anciens, des maisons individuelles et des logements situés dans les hameaux environnants.
Les appartements peuvent intéresser les primo-accédants et les investisseurs recherchant des budgets d’acquisition modérés.
Les maisons attirent davantage les familles souhaitant bénéficier d’un jardin et d’un environnement résidentiel.
Mais les différences de localisation sont importantes.
Les logements proches du centre bénéficient d’un accès facile aux services. Les maisons situées sur les hauteurs peuvent offrir davantage de tranquillité et de belles vues, mais nécessitent parfois des déplacements supplémentaires.
L’emploi industriel soutient le marché, sans garantir une hausse continue
L’activité industrielle constitue un facteur de stabilité pour le marché immobilier d’Ugine.
Elle contribue à maintenir une demande de logements permanents, distincte de celle des stations touristiques.
Mais le marché reste sensible à la conjoncture économique, aux besoins des entreprises et à l’évolution du pouvoir d’achat des ménages.
La proximité d’Albertville et du Val d’Arly représente également un avantage.
Ugine peut ainsi accueillir des actifs travaillant dans plusieurs secteurs géographiques, notamment dans les services, l’industrie et les activités touristiques.
Cette diversité contribue à expliquer son positionnement résidentiel.
Les hameaux d’Ugine et les villages de montagne : un marché de maisons très hétérogène
Le territoire d’Ugine ne se limite pas à son centre urbain.
La commune comprend également des hameaux et des secteurs de montagne, notamment en direction d’Héry-sur-Ugine et des routes conduisant vers le Val d’Arly.
Ces espaces présentent un marché immobilier différent.
Les maisons anciennes, les fermes traditionnelles et les propriétés rurales peuvent attirer des acquéreurs recherchant un environnement montagnard.
Mais les contraintes sont plus importantes qu’en ville.
L’accessibilité hivernale, les travaux de rénovation, l’isolation et les réseaux constituent des critères essentiels.
Les maisons traditionnelles peuvent offrir des surfaces généreuses et des dépendances, mais leur transformation nécessite parfois des investissements importants.
La valeur dépend également de l’exposition et de la vue.
Un bien situé sur un versant ensoleillé, avec un accès facile et un terrain utilisable, peut être plus recherché qu’une propriété isolée nécessitant d’importants travaux.
Dans ces secteurs, les moyennes immobilières d’Ugine sont insuffisantes pour déterminer correctement la valeur d’un logement.
Le Val d’Arly : un marché touristique où les prix augmentent avec l’altitude et la proximité des pistes
Flumet : un marché de village-station à la rencontre de plusieurs vallées
Au-delà d’Ugine, la route remonte progressivement vers Flumet, à la rencontre du Val d’Arly et des accès vers La Giettaz, Megève et les stations de l’Espace Diamant.
Flumet conserve une identité villageoise forte, avec un centre ancien, des commerces et des paysages de montagne.
La commune bénéficie d’une position intéressante entre plusieurs destinations touristiques.
Son marché immobilier associe logements permanents, appartements touristiques et maisons traditionnelles.
Selon PAP, le prix moyen atteint 4 442 €/m² au 1er octobre 2026, dont 4 369 €/m² pour les appartements et 5 914 €/m² pour les maisons.
L’indicateur global progresse de 1,6 % sur un an et de 31,8 % sur cinq ans.
Ces niveaux sont nettement supérieurs à ceux d’Ugine.
La différence s’explique notamment par l’attractivité touristique, la proximité des domaines skiables et la présence importante de résidences secondaires.
Selon PAP, celles-ci représentent environ 66 % du parc de logements communal.
Cette structure immobilière distingue profondément Flumet des communes résidentielles de la vallée.
Pour les acquéreurs, les appartements touristiques peuvent offrir des possibilités d’occupation personnelle et de location saisonnière.
Mais la qualité de la résidence, les charges et les conditions d’exploitation doivent être examinées avec attention.
Les maisons traditionnelles peuvent présenter des valeurs élevées, particulièrement lorsqu’elles bénéficient d’une rénovation de qualité et d’un emplacement recherché.
Saint-Nicolas-la-Chapelle : un marché patrimonial marqué par la rareté des chalets
À proximité de Flumet, Saint-Nicolas-la-Chapelle bénéficie d’un environnement montagnard remarquable.
Le village conserve une architecture traditionnelle, avec des chalets, des fermes anciennes et des hameaux installés sur les versants.
Son marché immobilier est relativement restreint.
Selon PAP, les appartements sont estimés à 4 596 €/m² et les maisons à 7 876 €/m² en octobre 2026.
L’écart entre appartements et maisons est particulièrement important.
Il peut s’expliquer par la rareté des chalets, leur taille et leur attractivité patrimoniale.
Mais il faut rester prudent : dans une petite commune, quelques propriétés exceptionnelles peuvent fortement influencer les estimations.
Les maisons anciennes nécessitant des travaux ne peuvent pas être évaluées comme des chalets entièrement rénovés.
La qualité de l’exposition, la vue sur les montagnes et l’accès aux stations constituent des critères importants.
Pour les propriétaires, l’estimation doit donc reposer sur les caractéristiques précises du bien et sur les transactions réellement comparables.
Notre-Dame-de-Bellecombe : un marché touristique soutenu par l’Espace Diamant
Notre-Dame-de-Bellecombe constitue l’un des principaux villages-stations du Val d’Arly.
La commune bénéficie d’un accès au domaine skiable de l’Espace Diamant et d’un environnement qui associe chalets traditionnels, résidences touristiques et paysages ouverts sur les massifs.
Son marché immobilier est largement orienté vers les résidences secondaires.
Selon PAP, le prix moyen atteint 4 887 €/m² au 1er octobre 2026, dont 4 810 €/m² pour les appartements et 8 915 €/m² pour les maisons.
L’indicateur global progresse de 7,9 % sur un an et de 13,3 % sur cinq ans.
La proportion de résidences secondaires est particulièrement élevée : PAP l’estime à 86 % du parc de logements.
Cette situation traduit l’importance du tourisme dans l’organisation du marché.
Les appartements destinés aux vacances constituent une part importante de l’offre, tandis que les chalets et maisons traditionnelles peuvent atteindre des niveaux de prix beaucoup plus élevés.
Mais les différences entre les secteurs sont importantes.
La proximité des remontées mécaniques, l’exposition, la vue et la qualité des prestations influencent fortement la valeur.
Les logements situés dans des résidences anciennes peuvent nécessiter des travaux de rénovation, notamment énergétiques.
Pour les investisseurs, les revenus locatifs doivent être appréciés en tenant compte de la saisonnalité, des charges de copropriété et des frais de gestion.
Crest-Voland et Cohennoz : des stations familiales aux prix élevés pour les chalets
Crest-Voland et Cohennoz constituent un ensemble touristique particulièrement recherché du Val d’Arly.
Les deux communes bénéficient d’un accès au domaine skiable de l’Espace Diamant et d’un environnement de montagne apprécié des familles.
Le marché immobilier comprend des appartements touristiques, des chalets et des maisons traditionnelles.
Selon PAP, les appartements sont estimés à 5 102 €/m² à Crest-Voland et à 5 483 €/m² à Cohennoz.
Les maisons atteignent respectivement 8 128 €/m² et 7 442 €/m².
Ces niveaux montrent que les chalets peuvent présenter des valeurs très supérieures à celles des appartements.
La rareté des biens, leur caractère architectural et la proximité des pistes contribuent à cette différence.
Mais les estimations des maisons doivent être interprétées avec prudence.
Les transactions sont peu nombreuses, et les caractéristiques des chalets peuvent varier considérablement.
Un chalet récent bénéficiant d’une vue dégagée et d’un accès direct aux pistes ne peut pas être comparé à une maison ancienne nécessitant d’importants travaux.
Le marché reste donc très dépendant de la qualité individuelle des propriétés.
La Giettaz : un marché touristique plus accessible aux portes des Aravis
À l’extrémité occidentale du Val d’Arly savoyard, La Giettaz possède une identité montagnarde particulièrement affirmée.
Située au pied des Aravis, la commune bénéficie d’un environnement naturel remarquable et d’un accès au domaine skiable relié à La Clusaz.
Son marché immobilier est moins cher que celui de plusieurs autres stations du Val d’Arly.
Selon PAP, les appartements sont estimés à 3 977 €/m² et les maisons à 4 836 €/m² en octobre 2026.
Ces valeurs restent élevées par rapport aux communes de vallée, mais elles sont inférieures à celles de Crest-Voland ou de Notre-Dame-de-Bellecombe.
La Giettaz peut donc intéresser les acquéreurs recherchant une résidence secondaire dans un environnement montagnard, avec un budget plus limité.
Mais le marché est relativement étroit et les différences entre les biens sont importantes.
Les maisons traditionnelles, les appartements touristiques et les propriétés situées dans les hameaux ne répondent pas aux mêmes attentes.
La proximité des pistes, l’accessibilité hivernale et les possibilités de location constituent des critères déterminants.
Une comparaison des prix qui révèle trois niveaux de marché
Les estimations PAP d’octobre 2026 montrent une progression très nette des valeurs entre la ville d’Albertville, ses hauteurs résidentielles et les villages touristiques du Val d’Arly.
| Commune | Appartements | Maisons |
|---|---|---|
| Albertville | 2 366 €/m² | 2 724 €/m² |
| Mercury | 3 147 €/m² | 3 537 €/m² |
| Venthon | 2 140 €/m² | 3 237 €/m² |
| Pallud | 2 098 €/m² | 3 370 €/m² |
| Marthod | 2 113 €/m² | 2 759 €/m² |
| Ugine | 2 090 €/m² | 2 958 €/m² |
| Flumet | 4 369 €/m² | 5 914 €/m² |
| Saint-Nicolas-la-Chapelle | 4 596 €/m² | 7 876 €/m² |
| Notre-Dame-de-Bellecombe | 4 810 €/m² | 8 915 €/m² |
| Crest-Voland | 5 102 €/m² | 8 128 €/m² |
| Cohennoz | 5 483 €/m² | 7 442 €/m² |
| La Giettaz | 3 977 €/m² | 4 836 €/m² |
Sources : PAP, estimations au 1er octobre 2026. Ces valeurs ne constituent pas des médianes notariales des transactions du premier semestre. Les estimations de maisons dans les petites communes de montagne sont particulièrement sensibles au nombre et à la nature des biens observés.
Trois grands ensembles apparaissent.
Le premier regroupe Albertville, Ugine et les communes de vallée. Les appartements y restent généralement proches de 2 000 à 2 500 €/m². Le marché est principalement résidentiel.
Le deuxième correspond aux hauteurs d’Albertville. Les maisons individuelles y présentent des valeurs supérieures, souvent comprises entre 3 000 et 3 600 €/m² selon les estimations. L’environnement, la vue et la proximité de la ville constituent les principaux facteurs d’attractivité.
Le troisième regroupe les villages touristiques du Val d’Arly. Les appartements se situent généralement entre 4 000 et 5 500 €/m², tandis que les chalets et maisons peuvent atteindre des valeurs nettement plus élevées.
Cette comparaison illustre l’importance de la géographie dans le marché immobilier local.
Un appartement à Ugine et un logement touristique à Crest-Voland ne répondent pas aux mêmes besoins. De même, une maison familiale à Mercury et un chalet à Notre-Dame-de-Bellecombe appartiennent à des marchés distincts.
Le neuf et les terrains : des différences importantes entre vallée et montagne
Les statistiques notariales montrent que le marché du neuf présente également des écarts importants.
Dans le secteur Albertville–Ugine–Grésy, les appartements neufs atteignent un prix médian de 3 600 €/m², en recul de 5,4 % sur un an.
Dans le secteur Beaufortain–Val d’Arly, le prix médian atteint 7 370 €/m², en baisse de 8,1 %.
Le neuf est donc plus de deux fois plus cher dans le secteur touristique que dans le secteur résidentiel de vallée.
Les deux évolutions négatives doivent cependant être interprétées avec prudence. Elles peuvent être influencées par la nature des programmes commercialisés, leur localisation et les surfaces vendues.
Pour les ménages recherchant une résidence principale, le neuf en vallée peut représenter une solution intéressante en matière de confort et de performance énergétique.
Mais l’écart avec l’ancien reste important.
Dans le secteur Albertville–Ugine–Grésy, la différence entre les médianes notariales du neuf et de l’ancien atteint 1 350 €/m².
Pour un appartement de 70 m², cela représente théoriquement près de 95 000 € supplémentaires, sans tenir compte des différences de prestations et de localisation.
Le marché des terrains à bâtir conserve également un positionnement relativement accessible dans le bassin albertvillois.
Selon les notaires, le prix médian des terrains atteint 77 200 € dans le secteur Albertville–Ugine–Grésy, pour une surface médiane de 630 m².
Le prix médian au mètre carré s’établit à 120 €, en recul de 18,7 % sur un an.
À titre de comparaison, les terrains à bâtir atteignent une médiane de 160 200 € dans la périphérie chambérienne.
Mais les possibilités de construction restent contraintes par la géographie.
Sur les hauteurs d’Albertville, la pente et les accès peuvent entraîner des coûts supplémentaires.
Dans la vallée, les risques d’inondation, la proximité des infrastructures et les règles d’urbanisme doivent être vérifiés.
Dans le Val d’Arly, les contraintes foncières, les risques naturels et la pression touristique peuvent limiter les possibilités de construction.
Un terrain attractif par son prix ne constitue donc pas nécessairement une opération économique si les coûts de terrassement, de raccordement ou de construction sont élevés.
Le Beaufortain, voisin du Val d’Arly : un marché touristique à ne pas confondre avec celui d’Albertville
Même si le Beaufortain mérite une étude immobilière à part entière, il est utile de le mentionner dans cette analyse, car les statistiques notariales regroupent le Beaufortain et le Val d’Arly.
Le secteur comprend des marchés très différents, depuis les villages de Beaufort et de Queige jusqu’aux stations d’Arêches-Beaufort et des Saisies.
Les Notaires de France situent le prix médian des appartements anciens à 5 380 €/m² dans l’ensemble Beaufortain–Val d’Arly, en hausse de 0,5 % sur un an.
Le prix de vente médian atteint 182 400 €, pour une surface habitable médiane de 35 m².
Ces petites surfaces traduisent l’importance des appartements touristiques dans le marché.
Les maisons anciennes atteignent un prix médian de 397 700 €, en progression de 1,2 % sur un an, pour une surface habitable médiane de 100 m² et un terrain médian de 880 m².
Mais ces statistiques ne permettent pas de distinguer les villages résidentiels des stations.
Les marchés de Beaufort, d’Arêches, des Saisies et de Crest-Voland présentent des caractéristiques différentes.
La proximité des domaines skiables, la rareté des chalets et l’attractivité estivale contribuent à soutenir les valeurs dans les secteurs touristiques.
En revanche, les villages moins directement liés aux stations peuvent présenter des prix plus accessibles.
Pour les propriétaires, cette distinction est essentielle : une moyenne notariale couvrant le Beaufortain et le Val d’Arly ne suffit pas à estimer correctement un bien situé dans l’une de ces communes.
Un marché qui devient plus sélectif, particulièrement dans les stations
Les observations des professionnels publiées à la rentrée 2026 montrent que le marché immobilier régional connaît une phase de ralentissement.
Dans son bilan du 11 septembre 2026, la FNAIM Savoie Mont Blanc indique que l’activité de transaction a légèrement diminué depuis le mois de mai, d’environ 1 % sur l’ensemble du territoire suivi par la fédération.
Cette évolution ne constitue pas une statistique spécifique à Albertville ou au Val d’Arly.
Elle traduit néanmoins une tendance générale : les acheteurs deviennent plus exigeants et les délais de commercialisation peuvent s’allonger.
Dans le bassin albertvillois, les logements anciens nécessitant des travaux peuvent rencontrer davantage de difficultés.
Les acquéreurs intègrent plus systématiquement la performance énergétique, les charges de copropriété et les coûts de rénovation à leur budget.
Dans les villages des hauteurs, les maisons bien entretenues, bénéficiant d’un jardin et d’une exposition favorable, conservent des arguments solides.
Mais les propriétés nécessitant d’importants travaux ou présentant des contraintes d’accès peuvent faire l’objet de négociations.
Dans le Val d’Arly, les marchés touristiques restent soutenus par l’attractivité de la montagne, mais la qualité des logements devient déterminante.
Les appartements anciens situés dans des résidences vieillissantes peuvent nécessiter des investissements importants.
Les charges de copropriété, les travaux énergétiques et les conditions de location saisonnière doivent être examinés avec attention.
La fréquentation touristique estivale constitue également un facteur important.
Les stations capables de proposer des activités en dehors de l’hiver bénéficient d’une attractivité supplémentaire, notamment auprès des visiteurs recherchant la fraîcheur en montagne.
Mais cette double saisonnalité ne garantit pas une rentabilité locative élevée.
Les revenus dépendent des périodes d’occupation, des tarifs, des frais de gestion et de l’entretien des logements.
Quelles perspectives pour Albertville, Arlysère et le Val d’Arly ?
À l’automne 2026, le marché immobilier du territoire présente quatre dynamiques distinctes.
La première concerne Albertville. La ville conserve des prix accessibles, notamment pour les appartements anciens. La présence de services, d’emplois et d’infrastructures contribue à soutenir une demande résidentielle permanente. Mais le marché devient plus sélectif, particulièrement pour les logements nécessitant des travaux.
La deuxième concerne les hauteurs résidentielles de Mercury, Venthon, Pallud et des communes voisines. Les maisons individuelles y sont davantage recherchées pour leur environnement, leur exposition et leurs vues. Les prix peuvent être sensiblement supérieurs à ceux d’Albertville, mais les différences entre propriétés restent importantes.
La troisième concerne Ugine et la vallée de l’Arly. Le marché y reste principalement résidentiel, soutenu par les activités industrielles, les services et la proximité d’Albertville. Les prix des appartements demeurent relativement accessibles, tandis que les maisons peuvent bénéficier d’une demande familiale.
La quatrième concerne le Val d’Arly. Les villages et stations touristiques présentent des prix nettement plus élevés, en particulier pour les chalets et les propriétés situées à proximité des pistes. Mais les moyennes communales doivent être interprétées avec prudence, compte tenu de la rareté des transactions et de la diversité des biens.
Pour les acquéreurs, le territoire offre donc des possibilités très différentes.
Albertville et Ugine peuvent répondre aux besoins des primo-accédants et des familles recherchant un logement permanent.
Mercury et les villages des hauteurs séduisent davantage les ménages souhaitant privilégier l’environnement résidentiel et les espaces extérieurs.
Le Val d’Arly attire une clientèle touristique et patrimoniale, pour laquelle l’accès aux stations, l’architecture et les perspectives de location saisonnière jouent un rôle important.
Pour les propriétaires souhaitant vendre, une conclusion s’impose : le marché immobilier d’Arlysère ne peut pas être résumé par une moyenne unique.
Un appartement ancien à Albertville, une maison familiale à Mercury, un logement résidentiel à Ugine et un chalet à Crest-Voland appartiennent à des marchés profondément différents.
La valeur dépend de l’emplacement, de l’état du logement, de sa performance énergétique, de ses prestations et de la demande propre à chaque commune.
À la mi-2026, Albertville et la vallée de l’Arly conservent un avantage économique important, tandis que les hauteurs résidentielles et les villages touristiques présentent des valeurs plus élevées. Le marché reste attractif, mais les acquéreurs deviennent plus attentifs à la qualité des biens et à la cohérence des prix.
Sources
- Notaires de France -Conjoncture immobilière de Savoie, juin 2026
- PAP -Prix immobiliers à Albertville
- PAP -Prix immobiliers à Mercury
- PAP -Prix immobiliers à Ugine
- PAP -Prix immobiliers à Flumet
- PAP -Prix immobiliers à Notre-Dame-de-Bellecombe
- FNAIM Savoie Mont Blanc -Bilan de septembre 2026
- DVF -Base publique des transactions immobilières
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